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EDITORIAL DECEMBRE 2009 - M. de Brabant
En période de crise économique mondiale, la valeur refuge est
souvent l’or. Instinctivement presque, on en reviendrait à
refaire ses réserves d’argent dans des bas de laine. Compter la
monnaie sonnante et trébuchante qu’il nous reste semble rassurer
nos humeurs maussades.
Et pourtant, plus fondamentalement et plus sérieusement
maintenant, on se pose des questions sur la vraie place des
valeurs humaines dans nos vies. Les médias parlent davantage du
malaise politique ambiant, de la « crise » institutionnelle liée
à BHV que des conséquences incommensurables sur la qualité de
vie d’innombrables individus suite au dérèglement climatique et
à la pauvreté grandissante de nombre de citoyens du monde.
L’école comme d’autres institutions traverse une crise de
légitimité. Un mur est en train de s’ériger entre les acteurs de
l’enseignement et l’opinion publique. Auparavant, chacun
adhérait librement à l’institution « classique ». La finalité,
la confiance en l’Ecole étaient indiscutées. L’émancipation
individuelle passait obligatoirement et majoritairement par le
savoir.
Aujourd’hui, l’image de l’institution scolaire se brouille.
L’école perd de sa légitimité. Elle a perdu le monopole du
savoir savant et utile. Un pan du mur s’effrite, s’écroule.
L’école ne fait plus autorité. Elle doit être immédiatement
utile, efficace, rentable, consommable et nous l’espérons,
instrument d’équité sociale. Si tel n’est pas le cas, elle est
alors rapidement montrée du doigt et stigmatisée.
En même temps, la mise en discussion porte sur tout, les
règles, les valeurs, les savoirs, les résultats, la position des
uns et des autres au sein de l’institution.
Bien des affrontements entre adolescents et enseignants
découlent en fait que l’école est pour beaucoup le dernier lieu
de résistance, le dernier bastion à conquérir, un des derniers
murs à faire tomber. Le professeur qui initie au manque, à
l’incertitude, qui ose confronter l’élève à ses limites entre
souvent en conflit.
A l’approche de Noël, au lieu de sans cesse condamner ce qui
ne va pas autour de nous, recentrons-nous sur le partage,
l’échange, la communication de valeurs humaines essentielles,
celles qui traversent et touchent le cœur parce qu’elles sont
universellement partagées.
Alors qu’on vient de commémorer le vingtième anniversaire de
la chute du mur de Berlin, je ne peux m’empêcher de dire ma
confiance en l’avenir. Même s’il reste certainement encore
beaucoup de murs à abattre et sans doute aussi d’autres qu’il
faut empêcher d’ériger.
En cette fin de trimestre, je souhaite à chacun et chacune
une heureuse fête de Noël et d’excellentes fêtes de fin d’année
faites de partage, de sincérité et de confiance retrouvée.
Erpent, décembre 2009,
Stéphan de BRABANT

EDITORIAL DECEMBRE 2009 - M. de Brabant
&
Les jeunes sont-ils encore demandeurs de religion ?
La religion telle que nous la connaissions est en miette :
elle est partout mais elle n’est pas réellement institutionnalisée …
la société se sécularise en effet toujours davantage.
Pourtant, l’être humain continue sans cesse à rechercher un
sens à sa vie. Il y a toujours, et surtout chez les jeunes un grand
besoin de spiritualité qui ne parvient pas toujours à s’exprimer.
Concrètement, que faire dès lors pour transmettre notre foi à
nos jeunes, ou plus exactement la partager ?
Le premier enjeu est de trouver des adultes qui osent
partager leurs convictions.
Aujourd’hui, nous manquons beaucoup plus d’adultes qui
acceptent de « se frotter » aux jeunes que de jeunes. C’est notre
défi avec l’équipe d’animation spirituelle du Collège.
Le second enjeu est d’amener les jeunes à vivre des moments
forts durant lesquels ils partagent des expériences, en dehors de
leur quotidien. Ils ont en effet besoin d’expériences fondatrices.
Là aussi, il importe de trouver des lieux symboliques, des moments
propices et des personnes disponibles et engagées pour relever ce
défi.
Le troisième enjeu est de donner aux jeunes le goût du beau,
de l’émotion. La foi n’est pas qu’affaire de raisonnement, elle peut
aussi s’exprimer dans le cadre d’une expérience esthétique. Je pense
à cet extrait de l’évangile « Il vit que cela était beau ».
Aujourd’hui, dans une société où l’image est omniprésente, je pense
que les jeunes sont particulièrement sensibles au visuel, ils
peuvent percevoir ou ressentir la foi, non seulement de manière
intellectuelle mais ils peuvent aussi se laisser inspirer par le «
Beau ».
L’école souffre aujourd’hui de devoir sans cesse être
efficace, de produire des résultats, de former des citoyens, des
consommateurs, des futurs pères et mères de famille responsables. Le
décret Mission invite l’enseignement en Communauté Française à
s’inscrire dans ces objectifs.
Cependant, les acteurs d’école ont aussi besoin
d’une référence à une communauté de sens et de mémoire (à la
compagnie de Jésus en l’occurrence) sans quoi nul ne peut forger son
identité dans l’espace et dans le temps.
Un collège catholique comme le nôtre est porteur
d’une histoire, d’une mémoire qui fera que ce qui se vit en ses murs
représente quelque chose de particulier qui ne se vit pas ailleurs.
La statue de Notre-Dame de la Paix en est sans doute aujourd’hui et
pour l’avenir le meilleur des symboles.
En cette fin de trimestre, je souhaite à chacun
et chacune une heureuse fête de Noël et d’excellentes fêtes de fin
d’année faites de partage, de sincérité et de confiance retrouvée.

EDITORIAL MAI 2010 - M. de Brabant
&
Priorité à l'éducatif
Lors d'un récent conseil d'entreprise, les représentants du
personnel ont souhaité aborder un thème de plus en plus présent
dans les discussions de la salle des professeurs: une priorité à
accorder à l'éducatif.
Il importe de rappeler que l'école est avant tout un lieu
d'instruction au service de l'éducation. Albert Jacquart se
plaît à marteler « Le meilleur projet pour une démocratie, c'est
l'éducation,
l'éducation et l'éducation ». Comment pourrait-il avoir tort
?
En effet, les difficultés à gérer certains groupes d'élèves
sont de plus en plus fréquentes. Les enseignants s'en plaignent,
certains se démotivent. Parfois même, ils quittent le métier!
Il semble fondamental à ce stade de savoir ce que nous
voulons, d'avoir TOUS non-seulement les mêmes exigences
pédagogiques mais aussi les mêmes valeurs éducatives. C'est le
meilleur gage d'une réussite. Avoir ensemble cette cohérence est
un levier réel aujourd'hui pour faire des générations d'élèves
actuels des adultes responsables pour demain.
Cependant, osons aussi cétte question qui taraude l'esprit de
nombreux enseignants. Avons-nous pour nos jeunes une réelle
volonté de développer le sens de l'effort, du travail bien fait,
du respect d'autrui, de la maîtrise de soi-même, de la
non-violence qu'elle soit verbale et parfois même physique?
Je pense qu'il s'agit vraiment pour chacun d'entre nous
(parents-professeurs-éducateurs) d'un défi permanent que d'oser
mettre au goût du jour l'exigence vis-à-vis de ces valeurs. Il
est grand temps de les réhabiliter réellement.
Cette exigence vécue comme une valeur de vie doit être
inculquée à l'enfant et rappelée sans cesse à l'adolescent en
construction. Cela doit donc se faire à la maison mais aussi à
l'école, si on lui en donne les moyens et surtout, si elle ne se
bat pas toute seule! La famille doit ensemencer et l'école doit
cultiver cette terre.
Avant tout, une excellente fête de printemps à tous et à
toutes. Une excellente fête à toutes les mamans. Et enfin,
puisque la fin de l'année est maintenant très proche, bonne
chance et bon travail pour une excellente fin d'année à chacun
et à chacune.
Stéphan de BRABANT,
Directeur de
la section secondaire

EDITORIAL MAI 2010 - M. de Brabant
&
Exemplarité, excellence, exigence et éducation
« La vocation, c’est
avoir son métier pour passion. »
(Stendhal)
« Ce sont
les élèves les moins doués qui forcent les professeurs à bien
enseigner. »
(Malcolm Forbes)
« J’ai fait
un rêve : l’adolescent était soudain réconcilié avec l’école. Il
avait tout-à-coup à nouveau envie d’apprendre, il retrouvait à
travers l’école une source de plaisir. Il en acceptait les
règles, faisait preuve d’un sens inné de l’effort et du
dépassement.
Les parents
étaient tous vraiment partenaires et partageaient sans condition
les valeurs éducatives et les exigences pédagogiques de
l’établissement où ils avaient inscrit leur enfant.
L’élève
non-travailleur devenait le ringard, le suspect que tout le
monde pointait du doigt.
Aux
contrôles, les étudiants se disputaient entre eux pour avoir les
meilleurs résultats et donner pleine satisfaction à leurs
parents comme à leurs professeurs. C’était pour eux tous une
question de fierté ! »
Si l’on se
fait une certaine idée de l’Homme, il est urgent de réagir, de
résister à un courant qui menace … celui où finalement tout est
banalisé : l’échec scolaire, la récurrence des incivilités, le
non-respect des biens et des personnes, les paroles triviales et
parfois insultantes.
Je pense
vraiment qu’une réaction s’impose au sein de l’Ecole puisque
c’est le lieu privilégié par excellence où l’on apprend
aujourd’hui et où on prépare les générations de demain.
Je pense
vraiment qu’il faut retourner à plus d’exigence, non pas celle
qui se veut militairement répressive et constamment
contraignante. Ce serait un triste retour à la sévérité
aveugle d’antan qui a rendu l’école rébarbative pour tellement
d’adultes d’aujourd’hui.
Je pense
plutôt à une exigence pour tous et assumée par tous et qui
s’inculquerait d’abord et avant tout par l’exemple, par notre
exemple.
Souvent
notre collège est taxé d’élitiste. C’est le reproche d’ailleurs
souvent adressé aux instituts jésuites. Or, en excluant des
élèves d’un cours, nous reproduisons les mécanismes sociaux
d’exclusion alors que nous devrions favoriser l’inclusion,
c’est-à-dire donner à chacun sa place. Une école élitiste est
une école où la mentalité considère qu’exclure est normal, que
ce n’est pas grave, que c’est un mal pour un bien.
Je ne peux
donc rester indifférent à ce type d’exclusion, en tout cas à sa
banalisation. En agissant de la sorte, nous risquons finalement
de former des jeunes qui pourraient devenir au bout du compte
peu soucieux de justice et d’inclusion sociale. En effet, c’est
le modèle dans lequel ils auront été formés. Cela est
franchement en contradiction totale avec ce que la pédagogie
jésuite veut promouvoir.
Je tiens
cependant à souligner que par ailleurs, paradoxe de notre
institution, nombreuses sont les activités proposées aux élèves
pour les former à davantage d’ouverture et les amener sans cesse
à un élan pour créer plus de justice (projets de solidarité,
projet Maroc, Oxfam, retraites sociales, voyages culturels
Italie, Paris, Grèce …) et je tiens à remercier ici tous les
professeurs tant pour leur dynamisme que pour leur créativité.
Au-delà de
cette première réflexion concernant notre projet
d’établissement, une seconde me vient immédiatement à l’esprit.
Elle concerne justement nos élèves.
Je tiens à
redire ce que j’ai écrit dans le petit éditorial du programme de
notre Fête de printemps. « Priorité à l’éducatif », telle est
aujourd’hui ma conviction. Il ne faut pas être devin pour se
rendre compte que le profil de nos élèves va peu à peu se
modifier. Les conséquences de trois décrets inscriptions
successifs se font déjà et vont se faire sentir.
Aujourd’hui,
des parents qui ne jouissent d’aucune priorité (fratrie, enfants
du personnel, école adossée) et qui pourtant, avaient pour
objectif pour leurs enfants de les inscrire à Erpent ont de
moins en moins de chance de venir y faire leur scolarité. Je
pense à nos élèves qui traditionnellement nous venaient de
Profondeville - Ciney - Gembloux - Eghezée.
Il importe
donc au niveau éducatif d’oser davantage le non, de faire preuve
chacun à notre niveau d’exigence. C’est d’ailleurs la commande
sociale de nombreux parents !
Oser le non,
c’est montrer qu’une institution a des règles clairement
exprimées et que les membres qui la composent, ont des limites.
L’objectif n’est pas d’ostraciser davantage d’élèves, toute
exclusion est un échec de l’institution.
L’objectif
que je fixe est de réagir plus vite et d’être plus clair dans le
message envoyé à l’élève et ses parents. Cette réflexion sur
l’éducatif sera avec une réflexion sur nos pratiques
d’évaluation un chantier prioritaire pour l’année prochaine.
Sur ces
propos peut-être un peu trop graves, je vous souhaite des
vacances d’été tant apaisantes que vivifiantes. Les épreuves de
fin d’année sont toujours une période stressante pour les élèves
comme pour leur famille. Les vacances doivent donc demeurer
avant tout un moment privilégié, celui d’une pause salutaire
indispensable et incontournable pour mieux surmonter les défis
de la prochaine année scolaire.
Stéphan de
BRABANT
Directeur
Le 4 juin
2010.

EDITORIAL SEPTEMBRE 2010 - M. de Brabant
&
« La plupart des gens regardent les choses comme elles sont et
se disent : pourquoi ?
Moi, je regarde les choses comme elles pourraient être et je me
demande : pourquoi pas ? »
(John Fitzgerald Kennedy)
Le navire CNDP a largué les amarres ce mercredi 1er
septembre. Une année scolaire recommence, destination juin 2011
à vitesse de croisière, toutes voiles déployées. L’équipage est
au complet, tous à leur poste, prêts à affronter avec
enthousiasme et dynamisme les vents contraires et les turpitudes
liées nécessairement au cheminement dans une année scolaire.
Nous comptons à l’heure où je vous écris 1158 passagers !
Inscrire,
accueillir, orienter
ces passagers n’est pas toujours facile. Cette année-ci,
quelques élèves attendus ne se sont pas présentés à l’heure du
départ, ce qui a provoqué quelques difficultés
organisationnelles temporaires.
C’est aussi sans compter sur les déçus qui espéraient tant faire
partie du voyage et à qui on avait, en toute bonne foi, refusé
l’inscription … faute de places disponibles. Cela pose
évidemment la question de l’enseignement perçu comme un
supermarché ou une grande surface où chacun prend ce qui lui
convient peu importe le contexte global. Cela pose à nouveau la
question de l’intérêt individuel qui prime sur l’intérêt
collectif. Consigne a donc été donnée aux membres de l’équipage
de se montrer plus rigoureux encore.
Le début de l’année est
un moment tout particulier où l’élève doit à la fois
s’adapter à ses nouveaux choix d’options, à une nouvelle classe
et enfin à une nouvelle équipe pédagogique.
Cela demande parfois du
temps, de la confiance mutuelle, chacun devant en effet faire
l’effort d’apprivoiser l’autre.
Certains élèves, à qui les conseils de classe ont décidé de
faire confiance en juin 2010, devaient représenter un ou
plusieurs tests en septembre. Ils sont nombreux à nous avoir
montré que notre confiance était fondée. Des progrès ont été
effectués, un travail a été fourni pendant les vacances. Pour
d’autres, par contre, l’investissement a été quasi nul avec dès
lors des résultats très décevants. Nos adolescents sont parfois
trop complaisants vis-à-vis d’eux-mêmes ou trop vite découragés.
C’est en refusant d’assumer la difficulté que nos élèves se
trompent. Je tiens à rappeler que « le résultat de cette épreuve
organisée par les professeurs en début d’année constituera un
indicateur déterminant pour alimenter la réflexion du conseil de
classe et l’aider à prendre une décision» (Règlement des études
page 56).
Les projets pour cette année sont encore nombreux parmi lesquels
j’en citerai deux. D’une part, l’adhésion du Collège à un projet
Comenius afin d’ouvrir nos jeunes (élèves de 5ème
année prioritairement) à la fibre européenne. D’autre part, la
mise en place pour deux classes pilotes de 1ère du
passeport TIC (Technologie de l'Information et de la
Communication) destiné à amener les jeunes élèves à utiliser
l’outil informatique de manière pertinente et éthique dans le
cadre de leurs études.
Pour conclure, je désirerais mettre en valeur la devise du
Collège : « Magis » (« Plus est en toi »). Cette devise figure
sur de nombreux documents. Bien souvent, on oublie ou on
interprète sa véritable signification. Elle constitue pourtant
la base de notre projet éducatif et pédagogique. Elle veut faire
comprendre à nos jeunes qu’il n’y a pas de situation
irrémédiable, qu’ils ont en eux de réelles richesses et de
vraies potentialités. Il leur appartient de les développer et de
les mettre en valeur. Elle appelle donc à un constant
dépassement de soi-même !
L’année scolaire est maintenant bien entamée. Le voyage sera
encore long. Confiants en l’avenir, nous sommes là, professeurs,
éducateurs, membres de la direction et en partenariat avec
chaque parent, pour amener tous nos
jeunes passagers à bon port.
Je vous souhaite, à vous et à vos enfants, une excellente année
scolaire !
Stéphan de BRABANT
Directeur
Le 16
septembre 2010

EDITORIAL DECEMBRE 2010 - M. de Brabant
&
«Notre situation dans le
temps n’est pas enfermée dans le présent;
elle est liée à un passé
qui a défini notre identité,
et à un futur qui le remet
en question. »
Le collège évolue, la société change ! Le rapport à l’école de
l’élève se transforme peu à peu.
Pourquoi ?
Tout d’abord, le sens des savoirs et de leur valeur intrinsèque
n’est plus du tout une évidence. La démotivation des élèves tend
à gagner du terrain ! Il est dès lors important pour une équipe
éducative de s’interroger collectivement sur ses stratégies
d’apprentissage et d’adapter avec humilité et intelligence une
attitude réflexive sur ses propres pratiques.
Ensuite, la relation entre la famille et l’école est devenue
plus difficile, empreinte de méfiance, voire parfois
conflictuelle. Désamorcer ces tensions, remettre la valeur de la
confiance à sa juste place me semblent dès lors évidents.
Enfin, l’autorité de la fonction d’enseignant est sans cesse
remise en question alors qu’elle est indispensable en éducation.
Il s’agit d’un fait de société énergivore pour chacun.
Ces trois éléments constituent très certainement les raisons qui
poussent beaucoup de jeunes enseignants à se détourner de leur
vocation initiale. De même, certains professeurs pourtant
expérimentés ne se retrouvent plus dans le modèle scolaire
d’aujourd’hui. La démotivation peut aussi les guetter ! ! !
Je pense dès lors, puisque le contexte se complexifie, qu’il
importe pour nous
enseignants d’inventer des moyens appropriés afin de
maintenir un contact constructif et ferme à la fois entre les
jeunes et l’école.
Il importe de proposer aussi une école ouverte à tous,
respectueuse de chacun, une école d’excellence qui inclut plus
qu’elle n’exclut. Même si parfois, ponctuellement, nous
constatons que sont encore présentes en interne certaines
valeurs élitistes. Même si trop souvent
l’image que l’on conserve du Collège à l’extérieur est
celle d’une institution indifférente aux difficultés
d’apprentissage des élèves.
Ce n’est pas l’image que je souhaite que l’on attribue au
Collège car ce n’est pas la réalité de notre quotidien. Une
autre culture d’école est en train de s’implanter !
En effet, j’observe que d’une part, on ne cesse de multiplier
les structures d’aide et de soutien aux plus faibles et aux plus
fragiles. D’autre part, nous tenons de plus en plus
majoritairement des discours encourageants et constructifs.
Notre taux de réussite demeure excellent pendant les 6 années du
secondaire mais au-delà aussi quand le jeune entreprend des
études supérieures ou universitaires. La très grande majorité
des enseignants se soucie réellement de l’élève en difficulté
que ce soit d’ordre pédagogique, familial ou personnel et ce,
dans la droite ligne de la tradition jésuite de la
«cura personnalis».
Nous voulons
enfin une école qui
continue à donner un enseignement exigeant et de qualité
tout en vivant réellement et intensément des valeurs de
respect, d’engagement, de générosité et d’humilité. Chaque
instant vécu au Collège oblige à des choix de valeurs qui
éduquent aux valeurs les jeunes qui nous sont confiés.
En effet, davantage que
les matières, ce sont les valeurs transparaissant à
travers les attitudes et les comportements que les élèves
retiennent.
Une école qui nourrirait une certaine indifférence à l’exclusion
quelle qu‘elle soit pourrait
former des jeunes peu soucieux eux-mêmes
au bout du compte de justice et d’inclusion sociale.
A contrario, une école où les élèves seraient sans cesse
encouragés, où les
professeurs seraient passionnés par leur métier, exigeants
envers les élèves comme envers eux-mêmes,
où les activités
seraient très nombreuses et variées, cette école,
transmettrait les valeurs que nous défendons.
Le temps passe vite et déjà l’année se termine. Je ne voudrais
pas manquer de souhaiter à chacun et à chacune d’entre vous une
fête de Noël chaleureuse, une fin d’année couronnée de moments
uniques et précieux et enfin une année 2011 illuminée de
réussites et de joies.
Erpent, le 6 décembre 2010
Stéphan de BRABANT
Directeur

EDITORIAL JUIN 2011 - M. de Brabant
&
RESTAURER L'AUTORITE
La reconnaissance
de l’égalité des personnes est l’aboutissement heureux de
siècles d’une âpre lutte contre l’injustice, l’inégalité et une
certaine inhumanité.
C’est le résultat
des idées généreuses véhiculées particulièrement par les
philosophes du siècle des lumières et de la Révolution française où
on a prôné, avec raison, la liberté, l’égalité et la fraternité.
Aujourd’hui, force
est de constater qu’il est de plus en plus difficile d’exercer
une autorité. Tout est remis en cause, la contestation est
devenue la règle au non de la singularité de chacun. Il est
difficile dés lors d’exercer une profession d’autorité car tout
devient relatif, tout est suspect. Chacun considère sa vérité
comme La
Vérité.
Par exemple,
l’évaluation du professeur est sans cesse critiquée, relativisée
quand ce n’est pas la personne du professeur qui est clairement
remise en question.
Il est de plus en
plus difficile pour le
professeur d’affirmer
sa place dans
la classe car sa légitimité n’est plus fondée naturellement.
Cette difficulté
est vécue par tous ceux qui aujourd’hui exercent une fonction
d’autorité … y compris par les parents.
Comment, dés lors,
réhabiliter cette autorité ? Comment lui rendre sa légitimité
d’antan ? Il s’agit, selon moi, d’un enjeu majeur pour la
société de demain sans quoi, la porte est ouverte à l’anarchie
et à la loi du plus fort.
Ce « malaise » que
connait aujourd’hui l’école est révélateur du courant qui
traverse aujourd’hui notre société. Source de perte de repères
pour bon nombre d’adolescents et de démotivation, voire
d’épuisement chez bon nombre d’adultes.
Ces mêmes
philosophes, s’ils défendaient ces idées nouvelles et
révolutionnaires, attiraient aussi déjà l’attention sur leurs
effets pervers à long terme.
Montesquieu, par
exemple dans L’Esprit des Lois, dénonçait l’esprit
d’insubordination créé par l’esprit d’égalité extrême. « Le
principe de la démocratie se corrompt … quand on prend l’esprit
d’égalité extrême, que chacun veut être égal à ceux qu’il
choisit pour lui commander. Dés lors le peuple, ne pouvant
souffrir le pouvoir même qu’il confie, veut tout faire par
lui-même … Le peuple veut faire les fonctions des magistrats :
on ne les respecte donc plus. Les délibérations du Sénat n’ont
plus de poids : on n’a donc plus d’égards pour les sénateurs et
par conséquent pour les vieillards. Si on n’a pas du respect
pour les vieillards, on n’en aura pas non plus pour les pères …
Il n’y aura plus de mœurs, plus d’amour de l’ordre, enfin plus
de vertus … »[1].
Je ne voudrais pas manquer l’occasion de vous souhaiter avant
tout bonne lecture,
d’excellentes vacances après toutes les émotions de fin d’année.
S’arrêter, se ressourcer, se plonger dans le calme et la
sérénité, même peu de temps,
c’est important pour
repartir en pleine forme et du bon pied.
S. de BRABANT
Directeur
[1]
Lagarde, Michard, XVIIIème siècle, p. 102.

EDITORIAL DECEMBRE 2011 - M. de Brabant
&
L’élitisme : les trois priorités du Pouvoir Organisateur
« Si
je vous dis « élite sportive », vous acquiescerez probablement,
jugeant qu’il est opportun de consacrer un maximum de moyens aux
sportifs les plus doués… Par contre, si je vous parle « d’école
élitiste », vous aurez certainement un moment de retenue et de
gêne… C’est que dans le contexte scolaire, le terme d’élitisme
est devenu politiquement incorrect, au nom de la promotion de la
mixité sociale. Pourquoi cette image négative recouvre-t-elle
les écoles jésuites et la nôtre en particulier ? Serions-nous
donc incorrects ? Manquerions-nous à notre mission civique ?
Qu’est-ce qui alimente cette représentation ? Le poids négatif
de ces représentations et l’impression de manque d’objectivité
de leur fondement ont amené l’AG à initier depuis septembre une
réflexion sur l’élitisme. »
Philippe Laoureux – Président du Pouvoir Organisateur – Mot du
Président du P.O. (extrait 2010)
Entamée en 2010, cette réflexion lancée par l’assemblée générale
du Pouvoir Organisateur. a permis à tous les acteurs du Collège
de s’exprimer sur le thème de l’élitisme. Les professeurs du
primaire comme du secondaire, les parents d’élèves, les anciens
et les membres de l’assemblée générale ont pris le temps de
confronter leurs idées et de déterminer leurs priorités. Au
terme de ce processus, trois objectifs ont été clairement
identifiés pour ces prochaines années. Il s’agit maintenant pour
chacun de s’inscrire dans cette triple mission.
1.
«Accompagner et
aider l’élève à dépasser ses faiblesses scolaires,
comportementales ou sociales».
Accompagner et aider l’élève à dépasser ses faiblesses scolaires :
Le PO tient à rappeler que la remédiation doit d’abord être
exercée en classe par chaque professeur. Il n’est pas pensable
de monter dans le train de l’apprentissage et de constater au
terminus que certains élèves sont restés sur le quai de la gare. Il s’agit d’une
responsabilité pour chaque enseignant !
D’où l’importance de sans cesse avoir individuellement et
collectivement une attitude réflexive sur les attitudes
pédagogiques au sein du Collège. C’est le sens du travail
effectué au sein des coordinations de branche au-delà de la
conformité aux programmes. C’est aussi le sens des réflexions au
sein d’une structure telle que le Carrefour Educatif et
Pédagogique. C’est enfin le sens des formations dans lesquelles
les enseignants s’engagent ponctuellement en fonction de leurs
propres besoins,
ce à quoi le PO invite chacun.
D’où l’importance aussi à pouvoir continuer à accorder à
l’avenir des moyens structurels pour aider et accompagner au
mieux les élèves en difficulté. Cette année, il n’y a pas
d’étude dirigée en 2ème par manque de moyens
structurels. Le maintien de ces structures de soutien doit
demeurer une priorité pour venir en aide aux plus fragiles de
nos élèves.
Accompagner et aider l’élève à dépasser ses faiblesses
comportementales :
Cela exprime le souhait de l’AG de continuer à miser sur
l’accompagnement éducatif. Cela exprime sa volonté de ne pas
laisser d’élèves sur le côté, de ne pas exclure d’élèves trop
facilement. L’exclusion d’un élève doit demeurer l’exception et
ne peut aboutir que lorsque tous les moyens ont été épuisés.
Accompagner et aider l’élève à dépasser ses faiblesses sociales :
Cela invite à accueillir chacun au sein du Collège !
Le Collège jouit toujours d’une réputation excellente, avec des
résultats excellents mais cette réputation d’élitisme est
toujours très présente. Un Collège jésuite comme le nôtre est
encore trop souvent suspecté de sélectionner ses élèves. Dés
lors, il importe de réaffirmer que chacun est le bienvenu au
Collège pourvu qu’il adhère aux exigences pédagogiques et aux
valeurs éducatives promues par le PO.
2.
Mieux
communiquer en interne et en externe sur le vécu de l’école
et ses valeurs.
L’Assemblée Générale invite le Collège à maintenir et développer
encore les outils de communication existants en pensant à
exploiter au mieux les nouvelles technologies (site du Collège,
journal d’école, bulletins informatisés, courrier électronique
….)
Il s’agit aussi de présenter à l’extérieur (via les media
notamment) les valeurs réellement vécues au Collège et ce, avec
modestie et humilité, sans tapage excessif tout en faisant
attention aux faux pas parfois lourds de conséquences …
Le PO rappelle enfin que le projet pédagogique et éducatif doit
être collectivement, individuellement et loyalement porté par
chaque membre de la Communauté Educative.
Chacun, quelque soit son rôle dans
l’Institution est un vecteur de la communication externe.
A ce stade, la
responsabilité de tous est engagée !
3.
Analyser pour
maîtriser le coût de la scolarité au Collège.
Il
est fondamental en cette période de crise économique et sociale
majeure, pour éviter d’accentuer encore tout ostracisme social,
de se pencher sur le coût des activités.
Cette analyse globale des
activités extra scolaires pourrait déboucher sur des adaptations
pour atténuer les coûts. Il est important de ne pas perdre de
vue l’accessibilité de l’activité à tous les élèves. C’est
pourquoi chaque activité un tant soit peu onéreuse doit faire
l’objet d’une réflexion.
Maitriser les coûts, c’est aussi éduquer les élèves à mettre en
place des financements alternatifs de leurs activités. Il
importe de les amener à être non plus de simples consommateurs
mais aussi des acteurs qui financent en partie leurs
activités (ex. Projet Maroc, Comenius, voyage des rhétos en
Grèce, …). Il importe de s’engager encore davantage dans la
prise de conscience qui se fait jour peu à peu chez les élèves.
Depuis quelques années,
un changement de mentalité est en train de s’opérer, il importe
de l’encourager.
L’objectif étant de conserver une école en mouvement, ouverte
sur le monde tout en étant attentif d’une part, à veiller à
désorganiser le moins possible l’ensemble de la structure
éducative. D’autre part, le nouveau contexte économique ambiant
impose aussi un principe de réalité qui consiste aujourd’hui
plus que jamais à tenir compte des aspects financiers.
En conclusion, c’est un travail, comme le dit Mr Laoureux
« quelquefois peu visible » qui doit être mis en place. Un
groupe de travail a donc été constitué pour continuer à
entretenir ces trois priorités vues comme des missions données
aux acteurs du Collège. Il a été mandaté pour évaluer
régulièrement la mise en œuvre de ces trois priorités.
Stéphan de BRABANT,
Directeur
Vendredi 16 décembre 2011
&

Accompagner l’adolescent en projet dans un collège jésuite
A l’occasion du 400ème anniversaire de la présence jésuite à
Namur, les Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix ont
organisé les 19 et 20 octobre 2011 des ateliers et conférences
autour du thème du patrimoine jésuite dédié à l’enseignement au
sens large et à Namur plus particulièrement
«La fin du secondaire n’est pas un simple arrêt sur une route
bien tracée.
C’est plutôt le passage de la navigation fluviale à la
navigation en haute mer.»
(De Kettele – 1981)
Un Père jésuite donnant encore cours au Collège d’Erpent répète
inlassablement que notre métier d’enseignant requiert beaucoup
de patience et d’humilité car sans cesse celui-ci consiste, tels
des remorqueurs, à amener les étudiants d’un port vers la Haute
Mer.
Les deux images sont comparables !
•
Comment, dès lors, préparer au mieux nos étudiants de fin
de secondaire, encore marins d’eau douce, à devenir subitement
des marins de haute mer ?
•
Quels sont les moyens dont nous disposons dans
l’enseignement secondaire pour permettre à nos étudiants
d’exercer ce nouveau métier ?
•
Quelles compétences développer et comment les développer
?
Ces compétences sont de différents ordres : méthodologiques,
langagières, organisationnelles. S’y greffent également des
qualités personnelles telles que la volonté, le dépassement de
soi, l’autonomie, la prise d’initiative, l’engagement …
Comment, finalement, accompagner au mieux nos adolescents, forts
de ces compétences, pour leur permettre de franchir cette
transition, secondaire – supérieur/universitaire ?
Dans les collèges jésuites, on inscrira cet accompagnement dans
le Projet Personnel de l’Elève (PPE). Celui-ci est en effet
destiné à épauler l’élève d’abord dans son choix d’études,
ensuite dans son choix de profession et enfin dans son choix de
vie. Il doit s’agir d’un accompagnement où l’on chemine à côté
de l’élève, où on lui donne du temps pour trouver son propre
chemin tout en respectant son rythme.
Deux préambules :
•
Il est important de souligner que ces moyens et modalités
de l’accompagnement
sont nombreux et placés sous le signe de la diversité.
En effet, aucun outil ne pourra convenir à tous les adolescents.
•
Dans les collèges jésuites, nous souhaitons que
l’adolescent se mette en projet, qu’il soit en projet. C’est
autre chose que d’avoir un projet.
Etre en projet ce n’est pas s’inscrire nécessairement dans un
projet précis, c’est davantage développer une dynamique
d’engagement tant dans le travail scolaire que dans la réalité
sociale et économique qui entoure l’étudiant.
C’est la raison pour laquelle, dans le PPE développé au Collège
d’Erpent, nous insistons dans nos activités proposées sur trois
domaines ou trois niveaux du projet de l’adolescent.
Le 1er niveau concerne le projet d’orientation scolaire,
Le 2ème niveau concerne l’accompagnement de l’élève dans la
construction de son projet d’insertion socio professionnelle,
Le 3ème niveau concerne le projet de vie au sens plus large.
1. Le projet d’orientation scolaire :
Il est nécessaire d’aider le jeune à trouver sa voie dans la
diversité des filières et des parcours de formation, et ce, tout
d’abord au sein même de l’institution scolaire (collège),
ensuite au sein des institutions supérieures et/ou
universitaires.
Il est important à ce stade de permettre à l’élève de récolter
un maximum d’informations afin d’être suffisamment outillé pour
permettre ultérieurement une prise de décision « en toute
connaissance de cause » (soirées d’information avec le service
d’information et d’orientation des FUNDP et de l’UCL, salons
d’orientation, SIEP, portes ouvertes des hautes écoles et
universités, PMS …).
En permettant à l’étudiant d’acquérir une meilleure connaissance
de soi à travers des activités organisées durant les cours au
sein des classes. Il s’agit ici d’aider les étudiants à
identifier leurs motivations, leurs forces, leurs éventuelles
faiblesses.
Un tel travail de réflexion et de connaissance de soi est
exigeant, parfois déroutant.
Mais ces divers moyens permettent parfois de dépasser la
spontanéité d’un choix non réfléchi. L’étudiant est amené à
mûrir profondément les véritables raisons de son choix. C’est là
que se joue l’excellence au sens ignacien.
Aujourd’hui on constate que ce sont les élèves du 3ème degré qui
sont principalement
concernés par ces démarches. Or, je plaide davantage pour une
école «orientante» dès le début du secondaire où tous les
acteurs et intervenants de l’école et de la communauté éducative
se sentent concernés par l’accompagnement du jeune dans sa
maturation personnelle et vocationnelle.
Il s’agit d’éduquer l’élève à choisir !
Et je pense que chaque professeur, par le fait même d’enseigner,
apprend nécessairement à l’élève à choisir.
P. ex. :
choix du thème d’un travail,
choix d’une destination de voyage d’étude,
choix d’un livre à analyser,
choix d’une activité sportive …
Il est fondamental d’amener l’élève à apprendre à choisir pour
qu’il prenne conscience de sa capacité à avoir prise sur sa vie,
pour qu’il soit responsable des orientations qu’il aura prises
et surtout pour qu’il s’y tienne.
Porté par une décision personnelle, l’étudiant sera davantage
amené à mettre en place des stratégies pour mener à bien son
projet.
Faire confiance aux élèves dans leur capacité à choisir, c’est
leur donner des clés pour grandir. Cette confiance est ainsi
illustrée dans cette idée chère à la pédagogie ignacienne
qu’est le Magis «Plus est en toi». Confiance reçue,
confiance donnée. Je pense qu’il n’y a nulle autre voie
efficacement éducative. La voie de la confiance refusée ou même
trop mesurée conduit immanquablement à une impasse.
2. Le projet d’insertion socio professionnelle :
A ce niveau, le jeune doit envisager concrètement sa sortie du
monde scolaire.
Il doit envisager le moment où, par choix d’un métier précis ou
d’une orientation précise, il sait qu’il va basculer dans le
monde des adultes. Il lui faut se projeter dans son futur
d’adulte ... et ce n’est pas facile !
Il importe là de stimuler des démarches actives d’exploration et
de confrontation. L’adolescent va être confronté à la réalité du
terrain professionnel et sera amené à effectuer des démarches
concrètes.
Par exemple :
-
accompagner des professionnels sur leur lieu de travail
(élèves de 6ème : conseils de classe de Noël – élèves de 5ème :
conseils de classe de Pâques); il s’agit d’une activité
obligatoire pour tous.
-
rencontre avec des professionnels sur des temps de midi
(« Les midis des métiers ») : membres du Rotary, parents,
anciens du collège.
-
rencontre avec des étudiants – niveau Bac 3 – sur des
temps de midi pour mieux appréhender et comprendre la vie
étudiante (ses attraits et ses dangers).
L’engagement au 3ème degré dans des heures de cours qui sont des
cours de préparation aux études supérieures en mathématique et
en sciences. L’objectif étant principalement d’inculquer aux
étudiants une méthode de travail plus que d’intégrer une matière
supplémentaire. Ces cours rejoignent les objectifs du PPE et
aident aussi à la maturation vocationnelle du jeune.
A côté de ces activités plus spécifiquement orientées vers le
monde professionnel, l’engagement du jeune dans une activité
tels un tournoi d’éloquence, une pièce des rhétos, un concert
musical et instrumental, une équipe de rugby … amènera
inéluctablement l’adolescent à mieux se connaître, l’aidera à
prendre confiance en lui, suscitera même parfois des vocations.
Ces activités, quelle qu’en soit la forme, supposent engagement
et initiative, de sorte que chacun puisse expérimenter les
qualités qu’il peut déployer, les obstacles qu’il doit surmonter
et s’assurer en même temps de la fermeté de son engagement.
3. Le projet de vie :
Il faut entendre :
•
les choix fondamentaux de l’existence,
•
les choix métaphysiques et religieux,
•
les valeurs éthiques,
•
les options politiques.
Il s’agit donc bien d’accompagner le jeune dans son projet
existentiel global, dans la maturation de son choix de vie : «
Qui voudrais-je être demain comme citoyen, comme consommateur,
comme père ou comme mère demain ? »
Il est clair qu’au sein de chacune des activités que l’élève
choisira (parrainage des 1ères, chantiers « jeunes », opérations
de solidarité, retraites de plusieurs jours au cycle supérieur),
les maîtres-mots sont à nouveau « engagement » et «
responsabilité ».
Nous voulons vraiment former à travers ces activités des hommes
et des femmes prêts à s’engager pour les autres
D’une part, il existe beaucoup d’activités possibles qui créent
un climat d’école où on responsabilise au maximum les étudiants
en leur offrant souvent la possibilité
de s’exercer
à créer des
projets et à développer leur
identité (cfr.
Conseil de participation). Ces projets leur permettent aussi de
développer d’autres compétences que celles exercées
habituellement en classe.
Un élève peut être brillant en classe et n’avoir aucune
autonomie, aucun sens de l’engagement extra-scolaire et aucune
prise d’initiative personnelle. Un autre, moins brillant, pourra
par contre montrer
des aptitudes insoupçonnées qui constitueront peut-être une
force pour lui en abordant des études supérieures et/ou
universitaires.
En conclusion, je pense que, plus que par le passé,
l’apprentissage scolaire tel que nous l’envisageons, permet de
donner à l’élève une véritable éducation à l’orientation.
Cette éducation à choisir et à s’engager lui fournit des
clés et des compétences
qui lui seront utiles tout au long de son existence. Il
importe pour cela que chaque enseignant se sente concerné par
cet enjeu.
Il ne suffit pas d’informer, de débattre, mais il faut que nos
pratiques pédagogiques quotidiennes éduquent l’élève à choisir
et à se tenir à sa décision. Ce projet demande de la part des
professeurs beaucoup d’engagement et de disponibilité.
Ensuite, je voudrais souligner que l’accompagnement dans
l’orientation est globalement un processus non directif fait de
propositions d’activités. Il importe en effet de laisser toute
sa place à la découverte personnelle. Il ne suffit pas à
l’enseignant d’être surveillant, il lui faut aussi être
bienveillant : encourager, stimuler, remotiver, secouer,
féliciter ou simplement écouter. De cette bienveillance
dépendra aussi l’audace du jeune à initier
une démarche personnelle.
Aujourd’hui cependant, nous continuons à imposer certaines
activités (stages professionnels, retraites, activités du PPE
dans le cadre scolaire) tant il est vrai qu’il nous est apparu
souvent difficile d’amener l’adolescent à être un acteur
spontané et responsable de sa propre orientation.
Sans doute enfin, l’enseignement secondaire en général vu ses
objectifs parfois mal définis et vu ses moyens relativement
limités, ne conduit-il pas l’élève à développer suffisamment
certaines compétences présentées en introduction. Je crois
vraiment, que les étudiants doivent être bien conscients de
l’utilité de ces compétences, intimement liées, selon moi à la
réussite académique.
C’est ainsi que le projet éducatif d’un Collège jésuite consiste
à former des personnes autonomes et responsables, au service des
autres, ouvertes sur le monde et surtout capables de s’engager.
Notre pari est de penser que ces qualités une fois acquises,
l’adolescent pourra plus fermement définir un choix d’études
supérieures, poser un choix professionnel et surtout voir
émerger et se construire un authentique projet de vie…
Stéphan de Brabant
Directeur
déc. 2012
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