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Ensemble même si on est différent
Témoignage :
Lors de la rentrée, lorsque Monsieur de Brabant nous appelait
pour former les classes, j'ai été étonnée de retrouver Simon. Je
le connaissais déjà parce qu'il faisait partie, comme moi, de la
chorale "Chanteurs champions". Je
me posais beaucoup de questions : comment allait-il faire pour
suivre les cours? Comment ferait-il pour prendre note ?
Aurait-il cours de gym avec nous ? Et à la récré ? En fait, je
me suis rendue compte que, grâce à son bloc-notes électronique
en braille, son "Iris", il pouvait prendre note en même temps
que nous et suivre les cours tout à fait comme nous en écrivant
en braille c'est-à-dire avec des points. En math, il a même une
équerre, une latte, un compas et un rapporteur en braille. Un
jour, au réfectoire, avec les éducateurs qui accompagnent Simon,
nous avons même essayé de jouer aux cartes en braille. C'est dur
! Pour la gym et la récré, nous lui donnons la main pour le
guider et il fait tout comme nous. J'ai constaté qu'il était
très sensible au toucher.
Grâce à Simon, j'ai appris que malgré nos différences, nous
sommes tous pareils.
Camie Suray, 1°B
Depuis le 1er septembre, un élève
malvoyant est au collège.
Vous vous posez certainement toutes sortes de questions…
Comment s’appelle-t-il ?
Comment se débrouille-t-il ?
A-t-il du matériel spécial ? …
C’est pour cela que je l’ai interrogé pour que vous puissiez en
savoir plus.
Tout d’abord, Simon est considéré par beaucoup comme un élève
normal. Pour certains cours, il est accompagné par un éducateur
de l’ONA (Œuvre Nationale des Aveugles), cette personne vient
seulement à l’école. Il peut participer à tous les cours. Au
début de l’année en techno il a eu un peu plus de mal car il
faisait de l’informatique, mais ce n’était pas du tout la même
chose pour lui, mais à présent ça va mieux car il fait
électricité.
Il n’est pas aveugle, il est malvoyant depuis sa
naissance ; il voit les flashs et distingue la différence entre
le jour et la nuit. Simon n’a jamais été dans une école
spécialisée, avant d’être au Collège, il était à Champion. Pour
se déplacer, il s’aide de sa canne blanche ou bien il se tient à
quelqu’un. Mais parfois, il aime faire un trajet avec sa canne
blanche en sachant que quelqu’un est là mais sans que cette
personne ne l’aide.
Dans l’avenir il aura peut-être un chien guide ou un GPS mais il
ne sait pas encore car pour le moment tout va bien avec sa canne
blanche.
Avant d’arriver au Collège, Simon n’était pas vraiment stressé,
il était plutôt curieux. Un peu avant la rentrée scolaire, il
avait déjà rencontré deux de ses professeurs, dont Mr van Eyll
(son titulaire) et Mme Winant (sa professeur de religion) ;
après cette rencontre il s’est dit que tout allait bien se
passer. Il s’est senti très bien accueilli par tout le monde
lors de sa rentrée. Il trouve la relation avec ses camarades
très chouette, ainsi qu’avec ses professeurs, il dit qu’il a de
la chance.
Simon arrive à reconnaitre certaines personnes rien qu’en
touchant leur main ou bien au son de leur voix. Simon a l’ouïe
très développée, il y a quelques années, il a fait un test chez
un ORL et il était bien au-dessus de la moyenne. Simon a la
chance de pouvoir participer à des activités extrascolaires, il
fait du piano, c’est sa deuxième année et il est dans une troupe
de scouts pour personnes handicapées.
Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez lire les articles
suivants : « Les professeurs de Simon » et/ou « Un éducateur de
l’ONA au Collège »
Je remercie Simon
pour son sourire et d’avoir bien voulu répondre à mes questions.
Je lui souhaite également une bonne continuation.
Margaux Rase (3G)
Un éducateur de l’ONA au Collège
Monsieur De Roover est un accompagnateur scolaire qui travaille
pour l’ONA (Œuvres Nationale des Aveugles). Il est auprès de
Simon pendant ses cours de mathématique, d’EDM, ainsi qu’en
sciences (une heure par semaine). En Belgique, du côté
francophone, il y a
4 écoles spécialisées pour les élèves aveugles et malvoyants,
une à Mons, une à Liège et deux à Bruxelles. Le but de l’ONA est
que l’enfant malvoyant ou aveugle puisse intégrer l’école « du
village ». Le souci c’est que les professeurs ne sont pas formés
pour gérer un élève avec un handicap. C’est pour cela qu’il est
aidé et conseillé par un accompagnateur scolaire, il s’assure
également que le cours soit bien adapté. C’est un gros travail
de partenariat, l’accompagnateur doit recevoir le cours à
l’avance pour tout vérifier. Par exemple, une interrogation doit
être moins longue pour Simon car ça lui prend plus de temps de
lire (le braille).
Il fait en sorte que la malvoyance de l’élève ne soit pas un
frein pour ses études.
Monsieur De Roover vient seulement aux cours de math et d’EDM
car ce sont des cours plus visuels. Donc, il doit aider à mettre
des mots sur ce que Simon touche, il y a plus de manipulation.
Je remercie Monsieur De Roover de m’avoir si bien expliqué.
Margaux Rase (3G)
Rencontre avec les professeurs de
Simon
Simon est en première humanité chez Mr van Eyll. J’ai interrogé
quelques professeurs de Simon. Rien ne leur a été imposé. Ils se
sont tous proposés volontairement.
Tous ceux que j’ai interrogés enseignent pour la première
fois à un mal voyant.
Interview de Mr van Eyll, titulaire de Simon qui est
également son professeur de français.
Comment trouvez-vous la relation entre Simon et ses
camarades ?
Son papa m’avait dit qu’il ne fallait pas imposer Simon
aux autres élèves, j’ai donc laissé faire. Pour finir, il n’est
rejeté par personne, il est aussi bien intégré par les garçons
que par les filles. Les élèves sont vraiment chouettes avec lui.
Pourquoi vous êtes-vous proposé volontaire ?
Je trouve que c’est une chance de découvrir quelqu’un de
différent autant pour moi que pour les autres élèves. Et
également par curiosité.
Trouvez-vous cela bien qu’un élève malvoyant soit intégré
dans une école dite ‘normale’ ?
Oui. Ce serait vraiment dommage que Simon ne puisse pas
intégrer un enseignement normal à cause de sa malvoyance. Il a
toutes les capacités (beaux résultats scolaires).
Peut-être que certaines écoles ne pourraient pas l’accepter à
cause de l’architecture mais c’est vrai qu’au collège il n’y a
pas beaucoup de marches ni de couloirs, donc c’est une facilité
pour lui.
Est-ce que votre classe a dû être aménagée d’une manière
spécifique pour faciliter la mobilité de Simon ?
Non. Simon se trouve au premier rang au coin : il y a son
imprimante et il y restera toute l’année.
Pour certains cours doit-il changer de classe ?
Dans la mesure du possible, tous les cours se donnent en
1B ; même le cours de sciences contrairement aux autres classes.
Les cours de musique, techno et dessin se donnent dans des
autres locaux ainsi que celui de gym.
Trouvez-vous le système informatique de Simon efficace ?
C’est génial : il sait tout faire avec ça.
Interview de Mme Hillewaert, professeur de mathématique.
Quelle est la relation entre Simon et ses camarades ?
Au début il n’y avait qu’une élève qui s’occupait plus de
lui mais maintenant, je remarque que ce sont des élèves
différents. Il est bien intégré, les élèves ne relèvent même
plus sa différence. Mais il a également une grande part
d’autonomie. Pour mon cours et celui d’EDM, il est accompagné
par un éducateur de l’ONA (l’Œuvre Nationale des Aveugles).
Pourquoi vous êtes-vous proposée volontaire ?
Ayant un certain vécu lié à mon ancienneté, je trouvais
important de pouvoir aider un élève comme Simon. Et en même
temps, j’aide les autres élèves qui ne comprennent pas.
Trouvez-vous cela bien qu’un élève malvoyant soit intégré
dans une école dite ‘normale’ ?
Oui, c’est un beau projet. Et c’est aussi une richesse
car cela fait comprendre aux élèves qu’ils doivent accepter les
différences. Et
j’espère que le collège s’ouvrira davantage à ce niveau.
Il faut aussi savoir, que c’est une classe plus lente pas
à cause de Simon bien au contraire car c’est un garçon très
intelligent mais pour l’aspect pratique. Par exemple aux
interros, il faut le temps que le système informatique analyse
la clé USB puis qu’il mette le dossier en place…
Trouvez-vous l’ordinateur de Simon efficace ?
Oui, il permet beaucoup de choses. Tout son RandoMath
(livre de math) y est intégré. Par contre pour la géométrie,
c’est plus limité. Mais il a une planche de dessin, comme une
planche d’architecte.
Et pour les interros ?
Je ne peux jamais faire de l’impro (faire une interro
surprise). Pour moi le travail est plus fastidieux, car une fois
une interrogation préparée
je dois tout revoir pour Simon car je dois faire du
travail plus « brut » ; par exemple je dois enlever tous les
symboles mathématiques pour les remplacer généralement par des
abréviations de mots français, c’est une convention mise au
point par le centre de Bruxelles (l’ONA).
Avez-vous peur pour l’avenir ?
Non, je suis plutôt curieuse de voir comment ça va
évoluer, vers quoi on va aller, les découvertes qu’on va faire,
mais j’ai quand même quelques appréhensions.
Interview de Mr Lerusse, professeur de latin.
Comment trouvez-vous la relation entre Simon et ses
camarades de classe ?
Je pense que ça se passe bien. Tout est disposé pour que
tout se passe pour le mieux et ses camarades se relaient pour
l’aider.
Qu’avez-vous pensé d’intégrer un élève un mal voyant au
collège ?
C’est une nouvelle expérience enrichissante
Vous a-t-on prévenu plus tôt que d’habitude pour que vous
puissiez organiser votre cours ?
Nous le savions depuis fin juin, mais pour moi cela n’a
pas posé de problème car le cours de latin est un petit cours
(2h de cours).
Trouvez-vous bien qu’un élève malvoyant soit intégré dans
l’enseignement dit ‘normal’ ?
Bien sûr, tout le monde a droit à l’enseignement dit
normal et c’est au prof de s’adapter. Je trouve dommage que tout
le monde ne soit pas du même avis.
Comment trouvez-vous le système informatique de Simon ?
Il est très performant, en tout cas pour mon cours. C’est
même assez surprenant de voir l’habileté de Simon.
Les interros que vous faites, vous devez les mettre sur
clé USB ?
Non pas spécialement, je peux les dicter et Simon tape
les énoncés et les réponses grâce à son ordinateur et ensuite on
les imprime !
Voulez-vous dire quelque chose en plus ?
Oui, au départ j’avais quelques appréhensions mais
maintenant, je n’en ai plus aucune ; c’est même très agréable de
travailler avec Simon. Car il participe au cours en posant des
questions… Pour
moi, je le considère comme un autre élève.
Interview de Mr Silliard, professeur de gym.
Quelle est la relation entre Simon et ses camarades ?
Il est très bien intégré dans le groupe ; contrairement
aux autres groupes, nous sommes un petit groupe de 15.
Pourquoi vous êtes-vous proposé volontaire ?
Je ne me suis pas posé de questions, je me suis
immédiatement proposé. Je trouve que cela peut arriver à tout le
monde et que ce n’est pas pour ça qu’il doit être rejeté, c’est
une personne comme les autres. C’est une découverte et on fait
au jour le jour.
Désignez-vous vous-même les élèves qui doivent aider
Simon ?
Non, je ne force jamais un élève car je me dis que pour
Simon ce doit être plus agréable de savoir que ses camarades
l’aident volontairement. Et je remarque qu’à chaque fois ce sont
des élèves différents.
Avez-vous arrangé la salle de gym autrement pour
faciliter sa mobilité ?
Nous avons simplement rajouté une rampe de chaque côté
dans les escaliers.
Est-ce que Simon peut participer à toutes les activités ?
Il sait courir avec un guide et il sait aussi nager. Les
jeux de ballon posent un peu plus problèmes : parfois il sait
jouer grâce à une balle à grelots et, à défaut,
je lui donne autre chose à faire ou on discute un peu.
Allez-vous à la même cadence qu’avec les autres groupes ?
Non, je prends plus mon temps et cela est agréable aussi.
Mais ce n’est pas du tout une corvée.
Comment décririez-vous Simon ?
Il est souriant, bien dans sa peau. Il apporte beaucoup
aux autres. Il est volontaire, agréable, il aime l’humour. Et il
ne se plaint jamais !
Je remercie tous les professeurs que j’ai interrogés de m’avoir
laissé un peu de leur temps et leur souhaite une bonne
continuation.
Margaux Rase (3G)
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