Edito du directeur

2010 - 2012

Stephan de Brabant, Directeur

EDITORIAL DECEMBRE 2009

Les jeunes sont-ils encore demandeurs de religion ?

La religion telle que nous la connaissions est en miette : elle est partout mais elle n’est pas réellement institutionnalisée … la société se sécularise en effet toujours davantage.

Pourtant, l’être humain continue sans cesse à rechercher un sens à sa vie. Il y a toujours, et surtout chez les jeunes un grand besoin de spiritualité qui ne parvient pas toujours à s’exprimer.

Concrètement, que faire dès lors pour transmettre notre foi à nos jeunes, ou plus exactement la partager ?

Le premier enjeu est de trouver des adultes qui osent partager leurs convictions.

Aujourd’hui, nous manquons beaucoup plus d’adultes qui acceptent de « se frotter » aux jeunes que de jeunes. C’est notre défi avec l’équipe d’animation spirituelle du Collège.

Le second enjeu est d’amener les jeunes à vivre des moments forts durant lesquels ils partagent des expériences, en dehors de leur quotidien. Ils ont en effet besoin d’expériences fondatrices. Là aussi, il importe de trouver des lieux symboliques, des moments propices et des personnes disponibles et engagées pour relever ce défi.

Le troisième enjeu est de donner aux jeunes le goût du beau, de l’émotion. La foi n’est pas qu’affaire de raisonnement, elle peut aussi s’exprimer dans le cadre d’une expérience esthétique. Je pense à cet extrait de l’évangile « Il vit que cela était beau ». Aujourd’hui, dans une société où l’image est omniprésente, je pense que les jeunes sont particulièrement sensibles au visuel, ils peuvent percevoir ou ressentir la foi, non seulement de manière intellectuelle mais ils peuvent aussi se laisser inspirer par le « Beau ».

L’école souffre aujourd’hui de devoir sans cesse être efficace, de produire des résultats, de former des citoyens, des consommateurs, des futurs pères et mères de famille responsables. Le décret Mission invite l’enseignement en Communauté Française à s’inscrire dans ces objectifs.

Cependant, les acteurs d’école ont aussi besoin d’une référence à une communauté de sens et de mémoire (à la compagnie de Jésus en l’occurrence) sans quoi nul ne peut forger son identité dans l’espace et dans le temps.

Un collège catholique comme le nôtre est porteur d’une histoire, d’une mémoire qui fera que ce qui se vit en ses murs représente quelque chose de particulier qui ne se vit pas ailleurs. La statue de Notre-Dame de la Paix en est sans doute aujourd’hui et pour l’avenir le meilleur des symboles.

En cette fin de trimestre, je souhaite à chacun et chacune une heureuse fête de Noël et d’excellentes fêtes de fin d’année faites de partage, de sincérité et de confiance retrouvée.


EDITORIAL MAI 2010

Priorité à l'éducatif

Lors d'un récent conseil d'entreprise, les représentants du personnel ont souhaité aborder un thème de plus en plus présent dans les discussions de la salle des professeurs: une priorité à accorder à l'éducatif.

Il importe de rappeler que l'école est avant tout un lieu d'instruction au service de l'éducation. Albert Jacquart se plaît à marteler « Le meilleur projet pour une démocratie, c'est l'éducation, l'éducation et l'éducation ». Comment pourrait-il avoir tort ?

En effet, les difficultés à gérer certains groupes d'élèves sont de plus en plus fréquentes. Les enseignants s'en plaignent, certains se démotivent. Parfois même, ils quittent le métier!

Il semble fondamental à ce stade de savoir ce que nous voulons, d'avoir TOUS non-seulement les mêmes exigences pédagogiques mais aussi les mêmes valeurs éducatives. C'est le meilleur gage d'une réussite. Avoir ensemble cette cohérence est un levier réel aujourd'hui pour faire des générations d'élèves actuels des adultes responsables pour demain.

Cependant, osons aussi cétte question qui taraude l'esprit de nombreux enseignants. Avons-nous pour nos jeunes une réelle volonté de développer le sens de l'effort, du travail bien fait, du respect d'autrui, de la maîtrise de soi-même, de la non-violence qu'elle soit verbale et parfois même physique?

Je pense qu'il s'agit vraiment pour chacun d'entre nous (parents-professeurs-éducateurs) d'un défi permanent que d'oser mettre au goût du jour l'exigence vis-à-vis de ces valeurs. Il est grand temps de les réhabiliter réellement.

Cette exigence vécue comme une valeur de vie doit être inculquée à l'enfant et rappelée sans cesse à l'adolescent en construction. Cela doit donc se faire à la maison mais aussi à l'école, si on lui en donne les moyens et surtout, si elle ne se bat pas toute seule! La famille doit ensemencer et l'école doit cultiver cette terre.

Avant tout, une excellente fête de printemps à tous et à toutes. Une excellente fête à toutes les mamans. Et enfin, puisque la fin de l'année est maintenant très proche, bonne chance et bon travail pour une excellente fin d'année à chacun et à chacune.


EDITORIAL MAI 2010

Exemplarité, excellence, exigence et éducation

« La vocation, c’est avoir son métier pour passion. » (Stendhal)

« Ce sont les élèves les moins doués qui forcent les professeurs à bien enseigner. » (Malcolm Forbes)

« J’ai fait un rêve : l’adolescent était soudain réconcilié avec l’école. Il avait tout-à-coup à nouveau envie d’apprendre, il retrouvait à travers l’école une source de plaisir. Il en acceptait les règles, faisait preuve d’un sens inné de l’effort et du dépassement. Les parents étaient tous vraiment partenaires et partageaient sans condition les valeurs éducatives et les exigences pédagogiques de l’établissement où ils avaient inscrit leur enfant.L’élève non-travailleur devenait le ringard, le suspect que tout le monde pointait du doigt. Aux contrôles, les étudiants se disputaient entre eux pour avoir les meilleurs résultats et donner pleine satisfaction à leurs parents comme à leurs professeurs. C’était pour eux tous une question de fierté ! »

FIN du rêve !

Si l’on se fait une certaine idée de l’Homme, il est urgent de réagir, de résister à un courant qui menace … celui où finalement tout est banalisé : l’échec scolaire, la récurrence des incivilités, le non-respect des biens et des personnes, les paroles triviales et parfois insultantes. Je pense vraiment qu’une réaction s’impose au sein de l’Ecole puisque c’est le lieu privilégié par excellence où l’on apprend aujourd’hui et où on prépare les générations de demain.

Je pense vraiment qu’il faut retourner à plus d’exigence, non pas celle qui se veut militairement répressive et constamment contraignante. Ce serait un triste retour à la sévérité aveugle d’antan qui a rendu l’école rébarbative pour tellement d’adultes d’aujourd’hui.

Je pense plutôt à une exigence pour tous et assumée par tous et qui s’inculquerait d’abord et avant tout par l’exemple, par notre exemple. Souvent notre collège est taxé d’élitiste. C’est le reproche d’ailleurs souvent adressé aux instituts jésuites.

Or, en excluant des élèves d’un cours, nous reproduisons les mécanismes sociaux d’exclusion alors que nous devrions favoriser l’inclusion, c’est-à-dire donner à chacun sa place. Une école élitiste est une école où la mentalité considère qu’exclure est normal, que ce n’est pas grave, que c’est un mal pour un bien. Je ne peux donc rester indifférent à ce type d’exclusion, en tout cas à sa banalisation.

En agissant de la sorte, nous risquons finalement de former des jeunes qui pourraient devenir au bout du compte peu soucieux de justice et d’inclusion sociale. En effet, c’est le modèle dans lequel ils auront été formés. Cela est franchement en contradiction totale avec ce que la pédagogie jésuite veut promouvoir.

Je tiens cependant à souligner que par ailleurs, paradoxe de notre institution, nombreuses sont les activités proposées aux élèves pour les former à davantage d’ouverture et les amener sans cesse à un élan pour créer plus de justice (projets de solidarité, projet Maroc, Oxfam, retraites sociales, voyages culturels Italie, Paris, Grèce …) et je tiens à remercier ici tous les professeurs tant pour leur dynamisme que pour leur créativité.

Au-delà de cette première réflexion concernant notre projet d’établissement, une seconde me vient immédiatement à l’esprit. Elle concerne justement nos élèves.

Je tiens à redire ce que j’ai écrit dans le petit éditorial du programme de notre Fête de printemps. « Priorité à l’éducatif », telle est aujourd’hui ma conviction. Il ne faut pas être devin pour se rendre compte que le profil de nos élèves va peu à peu se modifier.

Les conséquences de trois décrets inscriptions successifs se font déjà et vont se faire sentir. Aujourd’hui, des parents qui ne jouissent d’aucune priorité (fratrie, enfants du personnel, école adossée) et qui pourtant, avaient pour objectif pour leurs enfants de les inscrire à Erpent ont de moins en moins de chance de venir y faire leur scolarité.

Je pense à nos élèves qui traditionnellement nous venaient de Profondeville - Ciney - Gembloux - Eghezée. Il importe donc au niveau éducatif d’oser davantage le non, de faire preuve chacun à notre niveau d’exigence. C’est d’ailleurs la commande sociale de nombreux parents ! Oser le non, c’est montrer qu’une institution a des règles clairement exprimées et que les membres qui la composent, ont des limites. L’objectif n’est pas d’ostraciser davantage d’élèves, toute exclusion est un échec de l’institution.

L’objectif que je fixe est de réagir plus vite et d’être plus clair dans le message envoyé à l’élève et ses parents. Cette réflexion sur l’éducatif sera avec une réflexion sur nos pratiques d’évaluation un chantier prioritaire pour l’année prochaine.

Sur ces propos peut-être un peu trop graves, je vous souhaite des vacances d’été tant apaisantes que vivifiantes. Les épreuves de fin d’année sont toujours une période stressante pour les élèves comme pour leur famille.

Les vacances doivent donc demeurer avant tout un moment privilégié, celui d’une pause salutaire indispensable et incontournable pour mieux surmonter les défis de la prochaine année scolaire.



EDITORIAL SEPTEMBRE 2010

« La plupart des gens regardent les choses comme elles sont et se disent : pourquoi ?Moi, je regarde les choses comme elles pourraient être et je me demande : pourquoi pas ? » (John Fitzgerald Kennedy)

Le navire CNDP a largué les amarres ce mercredi 1er septembre. Une année scolaire recommence, destination juin 2011 à vitesse de croisière, toutes voiles déployées. L’équipage est au complet, tous à leur poste, prêts à affronter avec enthousiasme et dynamisme les vents contraires et les turpitudes liées nécessairement au cheminement dans une année scolaire. Nous comptons à l’heure où je vous écris 1158 passagers !

Inscrire, accueillir, orienter ces passagers n’est pas toujours facile. Cette année-ci, quelques élèves attendus ne se sont pas présentés à l’heure du départ, ce qui a provoqué quelques difficultés organisationnelles temporaires.

C’est aussi sans compter sur les déçus qui espéraient tant faire partie du voyage et à qui on avait, en toute bonne foi, refusé l’inscription … faute de places disponibles. Cela pose évidemment la question de l’enseignement perçu comme un supermarché ou une grande surface où chacun prend ce qui lui convient peu importe le contexte global.

Cela pose à nouveau la question de l’intérêt individuel qui prime sur l’intérêt collectif. Consigne a donc été donnée aux membres de l’équipage de se montrer plus rigoureux encore. Le début de l’année est un moment tout particulier où l’élève doit à la fois s’adapter à ses nouveaux choix d’options, à une nouvelle classe et enfin à une nouvelle équipe pédagogique.

Cela demande parfois du temps, de la confiance mutuelle, chacun devant en effet faire l’effort d’apprivoiser l’autre. Certains élèves, à qui les conseils de classe ont décidé de faire confiance en juin 2010, devaient représenter un ou plusieurs tests en septembre. Ils sont nombreux à nous avoir montré que notre confiance était fondée. Des progrès ont été effectués, un travail a été fourni pendant les vacances.

Pour d’autres, par contre, l’investissement a été quasi nul avec dès lors des résultats très décevants. Nos adolescents sont parfois trop complaisants vis-à-vis d’eux-mêmes ou trop vite découragés. C’est en refusant d’assumer la difficulté que nos élèves se trompent.

Je tiens à rappeler que « le résultat de cette épreuve organisée par les professeurs en début d’année constituera un indicateur déterminant pour alimenter la réflexion du conseil de classe et l’aider à prendre une décision». Les projets pour cette année sont encore nombreux parmi lesquels j’en citerai deux.

D’une part, l’adhésion du Collège à un projet Comenius afin d’ouvrir nos jeunes (élèves de 5ème année prioritairement) à la fibre européenne. D’autre part, la mise en place pour deux classes pilotes de 1ère du passeport TIC (Technologie de l'Information et de la Communication) destiné à amener les jeunes élèves à utiliser l’outil informatique de manière pertinente et éthique dans le cadre de leurs études.

Pour conclure, je désirerais mettre en valeur la devise du Collège : « Magis » (« Plus est en toi »). Cette devise figure sur de nombreux documents. Bien souvent, on oublie ou on interprète sa véritable signification. Elle constitue pourtant la base de notre projet éducatif et pédagogique. Elle veut faire comprendre à nos jeunes qu’il n’y a pas de situation irrémédiable, qu’ils ont en eux de réelles richesses et de vraies potentialités. Il leur appartient de les développer et de les mettre en valeur. Elle appelle donc à un constant dépassement de soi-même !

L’année scolaire est maintenant bien entamée. Le voyage sera encore long. Confiants en l’avenir, nous sommes là, professeurs, éducateurs, membres de la direction et en partenariat avec chaque parent, pour amener tous nos jeunes passagers à bon port.

Je vous souhaite, à vous et à vos enfants, une excellente année scolaire !



EDITORIAL DECEMBRE 2010

«Notre situation dans le temps n’est pas enfermée dans le présent;elle est liée à un passé qui a défini notre identité,et à un futur qui le remet en question. »

Charles Taylor

Le collège évolue, la société change !

Le rapport à l’école de l’élève se transforme peu à peu.

Pourquoi ?

Tout d’abord, le sens des savoirs et de leur valeur intrinsèque n’est plus du tout une évidence. La démotivation des élèves tend à gagner du terrain ! Il est dès lors important pour une équipe éducative de s’interroger collectivement sur ses stratégies d’apprentissage et d’adapter avec humilité et intelligence une attitude réflexive sur ses propres pratiques.

Ensuite, la relation entre la famille et l’école est devenue plus difficile, empreinte de méfiance, voire parfois conflictuelle. Désamorcer ces tensions, remettre la valeur de la confiance à sa juste place me semblent dès lors évidents.

Enfin, l’autorité de la fonction d’enseignant est sans cesse remise en question alors qu’elle est indispensable en éducation. Il s’agit d’un fait de société énergivore pour chacun.

Ces trois éléments constituent très certainement les raisons qui poussent beaucoup de jeunes enseignants à se détourner de leur vocation initiale. De même, certains professeurs pourtant expérimentés ne se retrouvent plus dans le modèle scolaire d’aujourd’hui. La démotivation peut aussi les guetter ! ! !

Je pense dès lors, puisque le contexte se complexifie, qu’il importe pour nous enseignants d’inventer des moyens appropriés afin de maintenir un contact constructif et ferme à la fois entre les jeunes et l’école.

Il importe de proposer aussi une école ouverte à tous, respectueuse de chacun, une école d’excellence qui inclut plus qu’elle n’exclut. Même si parfois, ponctuellement, nous constatons que sont encore présentes en interne certaines valeurs élitistes. Même si trop souvent l’image que l’on conserve du Collège à l’extérieur est celle d’une institution indifférente aux difficultés d’apprentissage des élèves.

Ce n’est pas l’image que je souhaite que l’on attribue au Collège car ce n’est pas la réalité de notre quotidien. Une autre culture d’école est en train de s’implanter !

En effet, j’observe que d’une part, on ne cesse de multiplier les structures d’aide et de soutien aux plus faibles et aux plus fragiles. D’autre part, nous tenons de plus en plus majoritairement des discours encourageants et constructifs. Notre taux de réussite demeure excellent pendant les 6 années du secondaire mais au-delà aussi quand le jeune entreprend des études supérieures ou universitaires. La très grande majorité des enseignants se soucie réellement de l’élève en difficulté que ce soit d’ordre pédagogique, familial ou personnel et ce, dans la droite ligne de la tradition jésuite de la «cura personnalis».

Nous voulons enfin une école qui continue à donner un enseignement exigeant et de qualité tout en vivant réellement et intensément des valeurs de respect, d’engagement, de générosité et d’humilité. Chaque instant vécu au Collège oblige à des choix de valeurs qui éduquent aux valeurs les jeunes qui nous sont confiés.

En effet, davantage que les matières, ce sont les valeurs transparaissant à travers les attitudes et les comportements que les élèves retiennent.

Une école qui nourrirait une certaine indifférence à l’exclusion quelle qu‘elle soit pourrait former des jeunes peu soucieux eux-mêmes au bout du compte de justice et d’inclusion sociale.

A contrario, une école où les élèves seraient sans cesse encouragés, où les professeurs seraient passionnés par leur métier, exigeants envers les élèves comme envers eux-mêmes, où les activités seraient très nombreuses et variées, cette école, transmettrait les valeurs que nous défendons.

Le temps passe vite et déjà l’année se termine. Je ne voudrais pas manquer de souhaiter à chacun et à chacune d’entre vous une fête de Noël chaleureuse, une fin d’année couronnée de moments uniques et précieux et enfin une année 2011 illuminée de réussites et de joies.



EDITORIAL JUIN 2011

RESTAURER L'AUTORITE

La reconnaissance de l’égalité des personnes est l’aboutissement heureux de siècles d’une âpre lutte contre l’injustice, l’inégalité et une certaine inhumanité.

C’est le résultat des idées généreuses véhiculées particulièrement par les philosophes du siècle des lumières et de la Révolution française où on a prôné, avec raison, la liberté, l’égalité et la fraternité.

Aujourd’hui, force est de constater qu’il est de plus en plus difficile d’exercer une autorité. Tout est remis en cause, la contestation est devenue la règle au non de la singularité de chacun. Il est difficile dés lors d’exercer une profession d’autorité car tout devient relatif, tout est suspect. Chacun considère sa vérité comme La Vérité.

Par exemple, l’évaluation du professeur est sans cesse critiquée, relativisée quand ce n’est pas la personne du professeur qui est clairement remise en question.

Il est de plus en plus difficile pour le professeur d’affirmer sa place dans la classe car sa légitimité n’est plus fondée naturellement.

Cette difficulté est vécue par tous ceux qui aujourd’hui exercent une fonction d’autorité … y compris par les parents.

Comment, dés lors, réhabiliter cette autorité ? Comment lui rendre sa légitimité d’antan ? Il s’agit, selon moi, d’un enjeu majeur pour la société de demain sans quoi, la porte est ouverte à l’anarchie et à la loi du plus fort.

Ce « malaise » que connait aujourd’hui l’école est révélateur du courant qui traverse aujourd’hui notre société. Source de perte de repères pour bon nombre d’adolescents et de démotivation, voire d’épuisement chez bon nombre d’adultes.

Ces mêmes philosophes, s’ils défendaient ces idées nouvelles et révolutionnaires, attiraient aussi déjà l’attention sur leurs effets pervers à long terme.

Montesquieu, par exemple dans L’Esprit des Lois, dénonçait l’esprit d’insubordination créé par l’esprit d’égalité extrême. « Le principe de la démocratie se corrompt … quand on prend l’esprit d’égalité extrême, que chacun veut être égal à ceux qu’il choisit pour lui commander. Dés lors le peuple, ne pouvant souffrir le pouvoir même qu’il confie, veut tout faire par lui-même … Le peuple veut faire les fonctions des magistrats : on ne les respecte donc plus. Les délibérations du Sénat n’ont plus de poids : on n’a donc plus d’égards pour les sénateurs et par conséquent pour les vieillards. Si on n’a pas du respect pour les vieillards, on n’en aura pas non plus pour les pères … Il n’y aura plus de mœurs, plus d’amour de l’ordre, enfin plus de vertus … ».



EDITORIAL DECEMBRE 2011

L’élitisme : les trois priorités du Pouvoir Organisateur

« Si je vous dis « élite sportive », vous acquiescerez probablement, jugeant qu’il est opportun de consacrer un maximum de moyens aux sportifs les plus doués… Par contre, si je vous parle « d’école élitiste », vous aurez certainement un moment de retenue et de gêne… C’est que dans le contexte scolaire, le terme d’élitisme est devenu politiquement incorrect, au nom de la promotion de la mixité sociale. Pourquoi cette image négative recouvre-t-elle les écoles jésuites et la nôtre en particulier ? Serions-nous donc incorrects ? Manquerions-nous à notre mission civique ? Qu’est-ce qui alimente cette représentation ? Le poids négatif de ces représentations et l’impression de manque d’objectivité de leur fondement ont amené l’AG à initier depuis septembre une réflexion sur l’élitisme. »

Philippe Laoureux – Président du Pouvoir Organisateur

Entamée en 2010, cette réflexion lancée par l’assemblée générale du Pouvoir Organisateur. a permis à tous les acteurs du Collège de s’exprimer sur le thème de l’élitisme. Les professeurs du primaire comme du secondaire, les parents d’élèves, les anciens et les membres de l’assemblée générale ont pris le temps de confronter leurs idées et de déterminer leurs priorités. Au terme de ce processus, trois objectifs ont été clairement identifiés pour ces prochaines années. Il s’agit maintenant pour chacun de s’inscrire dans cette triple mission.

1. «Accompagner et aider l’élève à dépasser ses faiblesses scolaires, comportementales ou sociales».

Accompagner et aider l’élève à dépasser ses faiblesses scolaires :

Le PO tient à rappeler que la remédiation doit d’abord être exercée en classe par chaque professeur. Il n’est pas pensable de monter dans le train de l’apprentissage et de constater au terminus que certains élèves sont restés sur le quai de la gare. Il s’agit d’une responsabilité pour chaque enseignant !

D’où l’importance de sans cesse avoir individuellement et collectivement une attitude réflexive sur les attitudes pédagogiques au sein du Collège. C’est le sens du travail effectué au sein des coordinations de branche au-delà de la conformité aux programmes. C’est aussi le sens des réflexions au sein d’une structure telle que le Carrefour Educatif et Pédagogique. C’est enfin le sens des formations dans lesquelles les enseignants s’engagent ponctuellement en fonction de leurs propres besoins, ce à quoi le PO invite chacun.

D’où l’importance aussi à pouvoir continuer à accorder à l’avenir des moyens structurels pour aider et accompagner au mieux les élèves en difficulté. Cette année, il n’y a pas d’étude dirigée en 2ème par manque de moyens structurels. Le maintien de ces structures de soutien doit demeurer une priorité pour venir en aide aux plus fragiles de nos élèves.

Accompagner et aider l’élève à dépasser ses faiblesses comportementales :

Cela exprime le souhait de l’AG de continuer à miser sur l’accompagnement éducatif. Cela exprime sa volonté de ne pas laisser d’élèves sur le côté, de ne pas exclure d’élèves trop facilement. L’exclusion d’un élève doit demeurer l’exception et ne peut aboutir que lorsque tous les moyens ont été épuisés.

Accompagner et aider l’élève à dépasser ses faiblesses sociales :

Cela invite à accueillir chacun au sein du Collège !Le Collège jouit toujours d’une réputation excellente, avec des résultats excellents mais cette réputation d’élitisme est toujours très présente. Un Collège jésuite comme le nôtre est encore trop souvent suspecté de sélectionner ses élèves. Dés lors, il importe de réaffirmer que chacun est le bienvenu au Collège pourvu qu’il adhère aux exigences pédagogiques et aux valeurs éducatives promues par le PO.

2. Mieux communiquer en interne et en externe sur le vécu de l’école et ses valeurs.

L’Assemblée Générale invite le Collège à maintenir et développer encore les outils de communication existants en pensant à exploiter au mieux les nouvelles technologies (site du Collège, journal d’école, bulletins informatisés, courrier électronique ….)

Il s’agit aussi de présenter à l’extérieur (via les media notamment) les valeurs réellement vécues au Collège et ce, avec modestie et humilité, sans tapage excessif tout en faisant attention aux faux pas parfois lourds de conséquences …

Le PO rappelle enfin que le projet pédagogique et éducatif doit être collectivement, individuellement et loyalement porté par chaque membre de la Communauté Educative. Chacun, quelque soit son rôle dans l’Institution est un vecteur de la communication externe. A ce stade, la responsabilité de tous est engagée !

3. Analyser pour maîtriser le coût de la scolarité au Collège.

Il est fondamental en cette période de crise économique et sociale majeure, pour éviter d’accentuer encore tout ostracisme social, de se pencher sur le coût des activités. Cette analyse globale des activités extra scolaires pourrait déboucher sur des adaptations pour atténuer les coûts. Il est important de ne pas perdre de vue l’accessibilité de l’activité à tous les élèves. C’est pourquoi chaque activité un tant soit peu onéreuse doit faire l’objet d’une réflexion.

Maitriser les coûts, c’est aussi éduquer les élèves à mettre en place des financements alternatifs de leurs activités. Il importe de les amener à être non plus de simples consommateurs mais aussi des acteurs qui financent en partie leurs activités (ex. Projet Maroc, Comenius, voyage des rhétos en Grèce, …). Il importe de s’engager encore davantage dans la prise de conscience qui se fait jour peu à peu chez les élèves. Depuis quelques années, un changement de mentalité est en train de s’opérer, il importe de l’encourager.

L’objectif étant de conserver une école en mouvement, ouverte sur le monde tout en étant attentif d’une part, à veiller à désorganiser le moins possible l’ensemble de la structure éducative. D’autre part, le nouveau contexte économique ambiant impose aussi un principe de réalité qui consiste aujourd’hui plus que jamais à tenir compte des aspects financiers.

En conclusion, c’est un travail, comme le dit Mr Laoureux « quelquefois peu visible » qui doit être mis en place. Un groupe de travail a donc été constitué pour continuer à entretenir ces trois priorités vues comme des missions données aux acteurs du Collège. Il a été mandaté pour évaluer régulièrement la mise en œuvre de ces trois priorités.



EDITORIAL DECEMBRE 2012

DEVELOPPEMENT DURABLE

Dans un contexte où le concept de développement durable s’intensifie au niveau international, national et même local, l’école qui est un vecteur de transmission des savoirs mais aussi des savoir-être constitue un lieu prioritaire pour aborder le développement durable et sensibiliser les élèves à certaines démarches citoyennes.

Même si l’exemple ne vient pas d’en haut quand on constate le maigre accord « arraché » à Doha sur le climat, le Collège a choisi de s’inscrire dans la réalisation d’un agenda 21 (actions pour le XXIème siècle).

Le projet a été présenté au Conseil de participation par une représentante de l’asbl COREN. L’objectif est de s’engager pour le développement durable en ayant une vision sur le long terme. Il s’agit d’abord de rechercher une cohérence dans nos actions. Une cohérence entre un discours et une pratique, entre par exemple l’éducation à la santé et les actions concrètes de promotion de la santé.

Il convient donc d’abord de relever tout ce qui se fait au sein du Collège afin de fédérer ce qui existe déjà en matière de gestion des déchets, politique d’achats, énergie, cantine scolaire, mobilité, bien-être … Il s’agit surtout là d’éco-gestion.

Ensuite, il faut trouver une cohérence au niveau du discours éducatif. « Faire » du développement durable, c’est aussi tenter de décloisonner les savoirs et les pratiques éducatives, de croiser les disciplines.

L’objectif pédagogique serait d’amener chaque élève à être un éco-citoyen afin qu’il adopte un autre regard sur ses habitudes de consommation non durables.

Il s’agit ni plus, ni moins, d’une éducation au choix. Choix de ce qu’on veut pour soi-même et pour la planète.

L’objectif est d’accompagner l’élève à approcher la complexité du développement durable. Par exemple, un projet sur l’alimentation pourrait envisager d’inclure les aspects santé (équilibre alimentaire …), environnement (conditions de production, pollution, industries, …), solidarité (commerce équitable, réalités sociales et politiques, …)

Voici donc un vaste défi pour une école où la concertation et surtout la collaboration seront des éléments essentiels à la réussite d’un tel projet.

En regardant vers des lendemains durables à laisser aux futures générations, je profite de l’occasion pour vous présenter mes meilleurs vœux de joie, de santé et de réussite pour 2013.