Edito du directeur

2013 - 2015

Stephan de Brabant, Directeur

EDITORIAL DECEMBRE 2013

LE COLLEGE D'ERPENT AUJOURD'HUI

Présenter le Collège en quelques mots, c’est déjà une longue histoire en soi. Le Collège a changé, le Collège change et changera encore. Fort de son identité jésuite, il s’adapte et s’efforce d’innover dans son domaine de compétences qu’est l’éducation, l’enseignement et l’orientation.

Ouvert sur le monde extérieur, le Collège forme des femmes et des hommes pour les autres, enseigne l’exigence pour tendre vers l’excellence, motive l’élève pour le faire progresser et faire émerger le meilleur de lui-même. L’attention à l’élève en difficulté d’apprentissage occupe une place particulièrement prépondérante dans le projet pédagogique et éducatif.

En matière d’orientation, une évidence : plus l’éventail de choix est diversifié, plus le taux de réussite décolle. Les activités complémentaires et les options sont nombreuses. Un descriptif complet est disponible sur demande ou sur simple consultation de notre site : www.cndp-erpent.be.

En 1ère année commune, le latin (2 heures) est une activité complémentaire obligatoire. En effet, ce cours est vécu comme un complément au cours de français, compétence de base fondamentale. C’est aussi l’occasion offerte à chaque élève d’expérimenter au moins une fois un tel cours de tradition humaniste. L’élève choisit une seconde activité comme le sport, l’art plastique, l’expression orale, l’actualité, les langues modernes, la culture antique, l’électricité … L’éducation plastique et musicale occupent une plage horaire d’une heure et sont inclues dans la formation commune. Cette spécificité du Collège a pour but de sensibiliser les élèves à l’invisible et à l’impalpable.

En 2ème année commune (année de certification), des activités spécifiques de soutien en mathématique, en langues modernes et en français sont organisées. Les activités complémentaires (3 heures) au choix sont au nombre de 3 : sciences, latin, socio-économie. Cette activité complémentaire est combinée à un module d’1 heure : expression orale, art plastique, sport, électricité/électronique, grec, initiation à la vie économique et sociale.

Au 2ème degré (3°-4° années), outre 6 orientations de base classiques : sciences, latin, grec, langues modernes, sciences économiques et sciences sociales, 12 combinaisons d’orientations sont proposées aux étudiants. Les élèves avec un profil plus ancré sur les aspects concrets et pratiques ont la possibilité de s’orienter vers la section de technique de transition – sciences appliquées.

Au 3ème degré (5°-6° années), nous proposons des options de base (latin, grec, sciences économiques, sciences sociales, anglais, néerlandais, espagnol, histoire, éducation physique) et des activités complémentaires (complément français, questions de psychologie) qui peuvent être combinées entre elles. Nous attirons l’attention sur notre unique section technique de qualification, souvent méconnue : les techniques des industries agro-alimentaires.

La direction oriente l’équipe pédagogique vers l’aide à l’élève en difficulté. L’exigence ne laisse pas les élèves plus fragiles sur le côté. Etudes dirigées, remédiations, rattrapages, activités spécifiques de soutien, méthode de travail, suivi logopédique sont surtout actionnés au cycle inférieur mais également plus ponctuellement au cycle supérieur. Un coordinateur pédagogique par année d’étude est chargé de suivre les élèves mais plus particulièrement celui qui éprouve des difficultés. Il l’aide à optimiser sa progression personnelle.

A côté de cet accompagnement pédagogique, le Collège insiste aussi sur l’encadrement éducatif. Une équipe de 7 éducateurs accompagne les élèves : un par année d’étude et un éducateur particulier pour la section technique de qualification. Ce soutien éducatif est fondamental car il est la garantie d’un enseignement de qualité.

Des projets pour l’avenir, le collège en formule tous les jours. Il en réalise de nombreux. Le calendrier d’une année scolaire est largement investi par de nombreuses activités extérieures, des retraites, des classes vertes, des voyages d’études. L’infrastructure scolaire se développe : une école maternelle, un 2ème hall de sport et un centre multi média verront le jour prochainement.

Dans un monde où le concept de développement durable s’institutionnalise au niveau international, national et local, le Collège en tant que vecteur de transmission de savoirs, savoir-être et savoir-faire est inscrit dans un programme de préservation de l’environnement, appelé Agenda 21 et développé par l’ASBL Coren. Nous sommes convaincus que l’avenir des générations futures passe par la sensibilisation des jeunes, qui nous sont confiés, aux enjeux économiques, sociaux mais surtout environnementaux.

Enfin, le calme, la verdure, la situation idéale en périphérie de Namur et les facilités de parking permettent à l’école de se développer natuellement dans un contexte en constante transformation.



EDITORIAL NOVEMBRE 2014

Le monde est en perpétuel mouvement !

La société se transforme vite, très vite. Les hommes et les femmes qui la composent, cherchent par leurs actions, leurs réflexions, leurs engagements à lui donner du sens. Il en va ainsi depuis des siècles. Le contexte social, économique, politique que nous connaissons aujourd’hui ne peut que renforcer notre interpellation quant à la vision que nous nous faisons de notre avenir et celui que nous voulons léguer à nos enfants.

De retour d’un congrès européen de 3 jours à Strasbourg rassemblant des directions de collèges jésuites de plus ou moins 20 pays différents, il m’est apparu important de partager certaines des grandes idées qui ont été abordées autour du thème central:

« Restaurer la confiance : l’éducation jésuite au service de l’idéal européen ».

Ces journées ont été rythmées par quelques conférences et des ateliers en petits groupes.Une conférence avait pour thème: L’avenir de l’Europe. Dans son exposé, Pierre Defraigne (économiste, directeur de la Fondation Madariaga-Collège de l’Europe et ancien élève de Saint-Michel) nous dit que la renaissance de l’Europe, la défense de la démocratie et le bien vivre ensemble passent nécessairement par l’esprit. Aujourd’hui, de manière plus marquée dans une partie de l’Europe, on voit une société où l’individualisme, le matérialisme et l’égoïsme règnent en maître. Cela engendre une certaine forme de repli sur soi, ce qui est à l’opposé de l’idéal européen. Ce constat appelle à la nécessité d’un nouveau modèle de société, qui ne peut provenir que des jeunes à travers l’éducation ! Le postulat étant que les Collèges constituent peut-être le meilleur lieu pour incarner … et faire vivre le rêve européen.

Une autre conférence abordait le thème suivant: « Le rôle de l’imagination dans la recherche d’une vision alternative » (Paul Gallagher (s.j) de nationalité irlandaise et professeur à l’Université d’Oxford).

« La petite mèche du possible ne peut qu’être allumée par l’imagination ».

L’école et ses acteurs acceptent-ils de s’engager dans une vision alternative ? Telle est en substance la principale idée du père Gallagher. Celui-ci a poursuivi son intervention en disant que la culture à l’école représente un enjeu vital pour l’éducation; que le rôle de l’imagination est lui aussi primordial pour tendre vers un nouveau modèle de société. La créativité et l’action sont, selon lui, les piliers obligatoires si l’on veut éviter l’immobilisme stérile.

Quelques ateliers ont aussi alimenté notre réflexion, comme par exemple: comment l’éducation jésuite peut-elle contribuer à un nouvel idéal européen ? Il en ressort qu’il faut réaffirmer la tradition humaniste qui favorise les rencontres, l’ouverture, la confiance. Il importe aussi de proposer aux élèves des expériences fortes (de solidarité, d’engagements, de rencontres, de dialogue avec d’autres cultures). L’objectif étant de toucher les élèves, de les sensibiliser à des causes justes, humaines et solidaires. Ces expériences doivent être vécues comme autant de moments fondateurs dans la construction d’un jeune. Il nous faut, enfin, revenir à davantage d’intériorité, de réflexion, de mise à distance du monde d’aujourd’hui. De pouvoir y puiser des forces et de l’énergie pour précisément pallier à la pression colossale qu’exerce la société sur chacun d’entre nous. Et c’est au sein de chaque école que l’on peut agir :

- En favorisant des prises de contacts et en multipliant les rencontres

- En jetant des ponts

- En combattant les replis identitaires et en sortant de nos préjugés.

En conclusion de ce congrès, il est rappelé que nos élèves doivent devenir les artisans de l’ombre, visant à combler le déficit démocratique grandissant et l’individualisme exacerbé. Certains témoignages de collègues espagnols, italiens, hongrois notamment démontrent à quel point nos sociétés européennes sont malades et doivent faire face à nombre de fermetures d’écoles, d’hôpitaux, de restrictions multiples, de nombreuses privations. Mais le salut de l’Homme est précisément d’avoir toujours su faire face à l’adversité. Au prix de courage, de persévérance, de foi, de conviction et d’action.

Alors à nous, à travers l’éducation de nos élèves, de nous inscrire dans cette perspective qui offrira – j’en suis convaincu - un monde plus juste, plus solidaire et plus équilibré.



EDITORIAL NOVEMBRE 2015

Dans le contexte de l'école d'aujourd'hui, la question du rapport de l'élève avec le savoir pose question.

Que faire et surtout comment faire pour réinstaurer chez nos élèves la soif d'apprendre? Comment réconcilier le jeune avec l'institution scolaire? Comment créer davantage d'enthousiasme et d'envie de se dépasser?D'abord il me semble fondamental de renforcer le sens des savoirs scolaires afin que les élèves comprennent qu'il y a interactivité entre ce qu'ils apprennent à l'école et ce qu'ils vivent à l'extérieur de celle-ci. Cette notion de sens demande de la part des équipes pédagogiques l'humilité d'avoir une attitude réflexive sur les pratiques d'enseignement et justement sur le sens de ce qui est fait en classe. Il faut se centrer non pas sur tout ce qu'il est possible de savoir mais sur ce qu'il n'est plus permis d'ignorer. Connaître par exemple les causes et les conséquences de la première guerre mondiale est un essentiel. Prendre le temps d'aller à Verdun pour comprendre de visu les effets désastreux d'un nationalisme exacerbé donne davantage de sens à la démarche historique. Cette démarche ne peut qu'aider à former des jeunes capables de ressentir, comprendre, juger et se positionner en toute connaissance de cause et avec un maximum d'esprit critique.

Ensuite, je pense qu'il faut élargir la perspective de l'éducation à la créativité et à la culture. C'est un peu le sens de la semaine de la musique organisée d'ici peu au Collège. Cette éducation à la créativité, à la culture, au sens de l'estéthique engendre des effets bénéfiques sur la maîtrise des savoirs fondamentaux (lire, écrire, calculer, argumenter), sur la diminution des incivilités, actes de violence et autres décrochages scolaires ainsi que sur le développement de la citoyenneté. Ces activités culturelles, à l'image de la pièce des rhétos, retissent le lien social et construisent un référentiel commun aux élèves.

Enfin, une autre voie pour accentuer le goût des élèves à apprendre est d'ouvrir l'école sur l'environnement extérieur. C'est d'ailleurs un des fondements de la pédagogie jésuite. Cette ouverture doit susciter chez nos élèves la curiosité et parfois l'envie de s'identifier à des parcours de vie (c'est le sens des midis des métiers organisés aujourd'hui au 3ème degré!). Il faut inciter l'école au décloisonnement et créer sans cesse des liens entre le contenu scolaire et l'environnement culturel, politique et socio-économique. L'école doit permettre au jeune d'expérimenter , de se confronter à la "vraie vie" (c'est déjà le cas au 3ème degré à travers les stages d'observation en milieu professionnel).

Je m'interroge dès lors sur l'ouverture du Collège à l'Europe, sur la sensibilisation de nos jeunes aux défis majeurs de notre société de demain (le Collège est aujour'hui très engagé dans l'Agenda 21).

Bref, le chemin pour créer de l'appétence pour la réalité scolaire sera encore long. Il faudra faire preuve d'audace pédagogique, il faudra accepter d'être mis en question dans notre propre manière de concevoir le monde de l'école. Ce monde est en ébullition mais l'enjeu est d'amener nos jeunes à renouer avec le goût d'apprendre. Il s'agit là d'un enjeu essentiel pour l'avenir.